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GMC Hummer, quand l’électrique cautionne tous les excès

GMC Hummer, quand l’électrique cautionne tous les excès

Les gros SUV rapportent plus d’argent que les petites autos, c’est bien connu. En ce sens, la renaissance de Hummer est un pari qui pourrait rapporter gros à General Motors, ou bien lui valoir les foudres des écologistes, c’est selon. L’avenir dira.  

En attendant, le constructeur américain est prêt à courir le risque, car avec la voiture électrique, la rentabilité est plus facile à trouver en haut du marché qu’en bas. Lassé de tenter de convertir les Américains à l’électrique avec ses petites voitures légères, sobres et rationnelles, General Motors renoue avec la tentation du gigantisme : il gagne moins sa vie à vendre dix petites Chevrolet Bolt EV à 35.000 dollars qu’un seul GMC Hummer électrique, à cent mille dollars le bout.  

General Motors lance son GMC Hummer dans les roues des Tesla Cybertruck et Rivian R1T

Il ne suffit pas à General Motors de donner à son logo des allures de prise de courant pour convaincre les marchés financiers de la pertinence de sa conversion à l’électrique : il lui faut un produit symbole, un véhicule incontestable dans sa forme, autant que dans ses performances et son pedigree. En somme, un engin qui puisse ravir la vedette au très médiatique Cybertruck et briser la fascination que Tesla exerce

sur la Bourse. 

General Motors voulait proposer quelque chose de plus fort et de plus spectaculaire qu’une simple variante électrique de son pick-up Chevrolet Silverado. D’où sa décision de ressusciter le nom de Hummer, en l’associant à celui de GMC, sa division spécialisée dans le 4×4 et le véhicule industriel, qui jouit d’un immense crédit, aux États-Unis. 

Hummer veut effacer le souvenir des gros 4×4 pollueurs : c’est de l’énergie électrique qu’il consomme, dorénavant !

Hummer une marque jetée avec l’eau du bain, à l’issue de la procédure de sauvegarde financière de General Motors, en 2009. Hummer incarne l’excès de l’Amérique d’avant la crise. Hummer, c’est le 4×4 démesuré qui écrase tout sur son passage. La silhouette large et carrée de ce 4×4 d’origine militaire est pour toujours associée à celle de Schwarzenegger — celui de la grande époque, lorsqu’il faisait pleuvoir les dollars à Hollywood. Pas celle d’après, lorsqu’il s’efforçait d’améliorer la qualité de l’air en tant que gouverneur d’une Californie décidément plus écolo que le reste de la Nation. Hummer, c’est l’Amérique adolescente, avant que l’urgence climatique ne l’incite à se montrer plus responsable. 

En octobre 2020, General Motors annonçait la commercialisation d’un méga pick-up GMC Hummer. En ce mois d’avril, c’est au tour du SUV GMC Hummer d’apparaître, avec une fiche technique à peine moins impressionnante. Selon la version, ses deux ou trois moteurs développent 625 ou 830 chevaux pour, tenez-vous bien, un couple à tirer les souches de 15.592 Nm. Songez que le plus vigoureux des pick-up américains à moteur Diesel du moment ne développe que 1.420 Nm environ, ce qui est déjà le double de ce qu’était la norme, voici vingt ans. 

A la manière du Wrangler et du Bronco, le Hummer porte sa roue de secours dans le dos

Les tarifs de ces GMC Hummer EV SUV oscillent entre 80.000 dollars et 105.600 dollars, un niveau où navigue d’ordinaire Cadillac. Sauf que la vieille marque de luxe ne jouit d’aucune légitimité auprès des amateurs de véhicules tous-terrains — encore moins chez les adorateurs de Tesla. General Motors préfère donc miser sur Hummer, et croire que le hiatus d’une dizaine d’années pourra vite être comblé par l’impact fort qu’auront les GMC Hummer électriques sur le psychisme américain. 

Le ramage semble être à la hauteur du plumage, puisque les GMC Hummer reposent sur les variantes les plus abouties et les plus puissantes de la plateforme Ultium développée à grands frais par General Motors. Dans une publicité diffusée samedi dernier à la télévision lors d’un match-clé du championnat NCAA de basketball, la voix du célèbre joueur James LeBron énumérait les fonctionnalités étonnantes du GMC Hummer SUV qui arrivera sur le marché au printemps 2023, à temps pour l’année-modèle 2024. Le mode WTF (trois initiales dont la signification n’échappera pas aux moins de 40 ans) promet des accélérations foudroyantes, avec un 0 à 100 km/h aux alentours de 3,5 secondes. De quoi tenir tête aux Tesla au Grand Prix des feux verts, et irriter profondément les écologistes qui militent pour un usage raisonné de l’automobile. 

Long comme un Range Rover, le GMC Hummer SUV est nettement plus haut qu’un Tahoe

A l’extrême opposé des performances, quand le Hummer s’efforce de rouler au pas dans la rocaille, il peut braquer dans le même sens ses quatre roues pour avancer en crabe (mode CrabWalk). Quant au mode Extract, il surgonfle les ressorts pneumatiques de la suspension, pour surélever de 15 centimètres supplémentaires sa carrosserie déjà posée sur des pneumatiques de 35 pouces. Un 4×4 pur et dur. 

Similaire à celui annoncé par Ford sur son F-150 électrique, le générateur embarqué délivre une puissance de 6 kW, réputée suffisante pour dépanner en pleine nature un autre véhicule électrique à court d’énergie. Ou bien alimenter un domicile durant quelques heures. Plus qu’aucun autre, cet équipement renforce l’image de baroudeur que cherche à cultiver General Motors : ses deux GMC Hummer ont été conçus pour affronter les rigueurs du Midwest, où les pannes de courant sont monnaie courante durant la saison des ouragans. Deux voitures électriques à l’échelle de l’Amérique, en somme. 

L’écologie est relative : un Hummer électrique pollue moins qu’un V8 à essence ; mais plus qu’une ZOE

Il n’est pas certain que les écologistes trouvent les deux GMC Hummer EV à leur goût. Leur surpuissance un peu vaine, leurs performances dignes d’une voiture de sport et leur masse désinvolte sont la transposition de la démesure qui caractérisait Hummer dans le monde “d’avant”. Le fait que ces engins consomment dorénavant de l’énergie électrique, plutôt que des hydrocarbures ne change pas grand-chose à l’affaire : toute énergie mérite d’être consommée avec modération, surtout dans un pays où la part de l’électricité d’origine renouvelable reste minoritaire. 

L’avenir dira si l’enthousiasme des Américains pour les gros véhicules électriques statutaires l’emportera ou non sur les reproches des écologistes. A brève échéance, General Motors pourrait gagner beaucoup d’argent avec ses GMC Hummer électriques. A la longue néanmoins, l’image du constructeur américain pourrait souffrir d’avoir été associée à celle de tels dévoreurs d’énergie. 

GMC Hummer : caractéristiques hors normes

General Motors n’a pas confirmé la capacité de l’énorme batterie Ultium (400 ou 800 volts, au choix) requise pour offrir une autonomie décente à ses GMC Hummer. La rumeur fait état d’une capacité brute de 200 kWh, pour une autonomie qui varie entre 400 kilomètres et 482 kilomètres environ, selon la motorisation et la taille des roues. Des valeurs relativement modestes, qui témoignent de l’énormité de la masse de ces véhicules (valeur non communiquée).

 

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